Paris, sceau de feu
Paris, sceau de feu La Seine entrouvre au soir sa longue épaule d’ambre, Onde nue qui frissonne aux caresses de l’ombre, Elle enlace Paris d’un serment qui l’encombre, Comme une amante antique aux hanches de nombre. Sous les lampes penchées, perles chaudes et fières, L’eau ploie lentement comme une gorge offerte aux prières, Chaque reflet s’y brise en éclats de lumière, Et la nuit les recueille en soupirs de braise claire. Les quais retiennent l’écho des pas enlacés, Deux souffles confondus dans un silence embrasé, Leurs doigts tracent dans l’air des promesses osées, Que leurs lèvres scellent sans jamais les nommer. Les ponts vibrent bas comme des cordes sensibles, Arches tendues vers l’ivresse invisible, Chaque pierre frémit d’un désir indicible, Que la ville exalte d’un frisson invincible. Les bateaux-mouches glissent en lents rubans d’or, Leurs sillages frémissent comme un corps, Ils portent des regards plus brûlants que l’aurore, Où l’amour se déploie sans remords ni décor. A...




