Paris, sceau de feu
Paris, sceau de feu
La Seine entrouvre au soir sa longue épaule d’ambre,
Onde nue qui frissonne aux caresses de l’ombre,
Elle enlace Paris d’un serment qui l’encombre,
Comme une amante antique aux hanches de nombre.
Sous les lampes penchées, perles chaudes et fières,
L’eau ploie lentement comme une gorge offerte aux prières,
Chaque reflet s’y brise en éclats de lumière,
Et la nuit les recueille en soupirs de braise claire.
Les quais retiennent l’écho des pas enlacés,
Deux souffles confondus dans un silence embrasé,
Leurs doigts tracent dans l’air des promesses osées,
Que leurs lèvres scellent sans jamais les nommer.
Les ponts vibrent bas comme des cordes sensibles,
Arches tendues vers l’ivresse invisible,
Chaque pierre frémit d’un désir indicible,
Que la ville exalte d’un frisson invincible.
Les bateaux-mouches glissent en lents rubans d’or,
Leurs sillages frémissent comme un corps,
Ils portent des regards plus brûlants que l’aurore,
Où l’amour se déploie sans remords ni décor.
Alors Paris se cambre, souveraine et charnelle,
Ses tours dressent la nuit en flamme éternelle,
Chaque fenêtre éclot en étincelle nouvelle,
Comme un cœur qui s’ouvre à l’étreinte sensuelle.
Les robes effleurées deviennent pluie de soie,
Les peaux se reconnaissent au tremblement des doigts,
Chaque baiser s’approfondit, lent émoi,
Jusqu’à faire vaciller les étoiles en émoi.
Ici l’amour ne demande rien, il consume et éclaire,
Il glisse sous la chair comme un éclair lunaire,
Chaque étreinte agrandit l’univers tout entier,
Chaque soupir grave l’infini dans la chair.
La Seine, orfèvre grave aux doigts d’or et de cendre,
Cisèle dans l’ombre des royaumes à défendre,
Elle scelle leurs corps d’un pacte tendre,
Et fait de leur vertige un empire à entendre.
Et lorsque l’aube enfin effleure la pierre,
Paris garde au front l’empreinte fière,
Car l’amour vécu là, brûlant, sincère
N’est pas un instant, c’est une éternité qui éclaire.
Copyright © Régis-François-F Les Murmures de Paris 🪶





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